L’Observatoire B2V des Mémoires lance son accélérateur d'innovation sociale

L’Observatoire B2V des Mémoires lance son accélérateur d'innovation sociale

5 bonnes raisons de télécharger l'app Entourage

5 bonnes raisons de télécharger l'app Entourage

[POSITIVONS] Carenews.com s'engage dans La France des Solutions

[POSITIVONS] Carenews.com s'engage dans La France des Solutions

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

Carenews, l'actualité des associations, du mécénat et de la philanthropie

[PODCAST] Samuel Grzybowski : «l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir»

[PODCAST] Samuel Grzybowski : «l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir»

Militant associatif et entrepreneur social, Samuel Grzybowski a fondé l’association Coexister ainsi que le cabinet de conseil Convivencia pour créer du lien social entre personnes issues de différentes confessions. Dans ce nouvel épisode du podcast Changer la norme, il revient sur son parcours et nous livre sans langue de bois sa vision de l’économie sociale et solidaire.

 

« Notre travail n’est jamais confessionnel, ni religieux. » Ce qui intéresse vraiment l'entrepreneur social de 27 ans Samuel Grzybowski, ce n’est pas le dialogue entre institutions religieuses, mais de créer du lien social entre personnes, au-delà de leurs convictions, de leurs origines et de leurs appartenances. En 2009, il a créé l’association Coexister, « mouvement qui essaye d’apprendre à mieux vivre ensemble en particulier dans la diversité de convictions qui caractérise un pays comme la France ». Ce dernier recense 3 000 membres actifs sous la devise « diversité de convictions, unité dans l’action».

 

Convivencia, un des rares cabinets de conseil sur le fait religieux 

 

Alors qu’un manager sur deux est confronté au fait religieux et qu’un sur quatre ne sait pas comment réagir, il crée Convivencia en 2015, un cabinet de conseil pour accompagner les structures – entreprises, associations, administrations – sur la prise en charge du fait religieux. Samuel Grzybowski raconte ainsi au micro de Flavie Deprez que Convivencia lui a permis de toucher de nouveaux publics et de financer l’association qui a également développé ses propres ressources. Malgré ses sept concurrents, le cabinet est leader sur son marché.

 

Mettre à fin à la confusion entre lucrativité et intérêt personnel

 

L’entrepreneur social se montre critique sur les évolutions législatives récentes, telles que la loi Pacte. Estimant que « l’ESS a deux défis, rester elle-même et grandir », il met en garde contre une hybridation trop poussée des statuts et plaide pour la création d’un « statut juridique nouveau qui arrête de mettre de la confusion entre lucrativité et intérêt personnel »

 

Envie d’en savoir plus sur le projet de Convivencia ? Écoutez le nouvel épisode du podcast Changer la norme par Carenews! 

Changer la norme est soutenu par la Fondation Entreprendre.

Les « Bienveilleurs », ces salariés de Bouygues en lutte contre le stress

Les « Bienveilleurs », ces salariés de Bouygues en lutte contre le stress

Ils prêtent une oreille attentive à leurs collègues pour les aider à gérer leur stress. Les « Bienveilleurs », ce sont des collaborateurs·trices de Bouygues Bâtiment Ile-de-France qui s’engagent sur la base du volontariat à recueillir les mots mais aussi les maux de leurs collègues. 

 

 

 

 

Libérer la parole des salarié·e·s sur leur stress

 

Ils sont 96 volontaires, des salarié·e·s sélectionné·e·s pour leur motivation à écouter leurs collègues. Surcharge de travail, problème avec un supérieur… Les « Bienveilleurs » se tiennent à la disposition de leurs collègues pour évoquer leur stress. L’initiative, mise en place par l’entreprise de BTP Bouygues Bâtiment Ile-de-France, vise à libérer la parole des salarié·e·s, pour qui il n’est pas toujours évident de s’adresser directement au responsable des ressources humaines, au médecin du travail ou aux managers.

 

Chacun·e peut donc se confier à ces « Bienveilleurs » par courriel, au téléphone ou en face-à-face. Parmi ces volontaires formés deux jours sur les risques psychosociaux par le cabinet Stimulus, tous les métiers et les échelons sont représentés afin de proposer une écoute adaptée aux 5 300 salarié·e·s de l’entreprise. 

 

Valérie Koïta, directrice Prévention Santé et Sécurité du groupe, a toutefois tenu à préciser au Parisien que « les Bienveilleurs ne se substituent pas aux réseaux de professionnels existants, ils sont une oreille complémentaire ». Tenus à la confidentialité, ils doivent, dans l’éventualité d’un cas grave, faire un signalement aux ressources humaines avec l’accord de la personne concernée. Les 96 volontaires peuvent par ailleurs partager leurs expériences lors de réunions bimestrielles. 

 

L’initiative, qui s’inspire des « sentinelles » au Québec, s’inscrit dans le cadre de Serenity, le programme de prévention du stress de Bouygues Bâtiment Ile-de-France. Il comporte des conférences, des formations, un numéro vert et le fameux réseau de salarié·e·s aidant leurs collègues à lutter contre le stress.

 

Différentes sources de stress

 

Le dispositif des « Bienveilleurs » vient répondre à un constat notamment mis en évidence par un sondage de ViaVoice montrant que les trois quarts des actifs estiment que les relations humaines au travail se sont encore dégradées en 2019. Un diagnostic partagé par tous les secteurs d’activité et toutes les catégories socioprofessionnelles. 

 

Le même sondage montre toutefois que 73 % des personnes interrogées se disent prêtes à donner de leur temps pour développer des actions de convivialité et de bienveillance au sein de leur entreprise. Les « Bienveilleurs » assurent donc une écoute clé au sein de l’entreprise, mais peuvent-ils véritablement remédier au stress éprouvé par les salarié·e·s ?

 

L’Observatoire Stimulus de la santé psychologique au travail a montré en 2017 qu’un quart des salarié·e·s était en état d’hyperstress, dangereux pour leur santé. Les raisons ? Elles tiennent avant tout à la charge et l’organisation du travail ainsi qu’au management, plutôt qu’aux relations humaines. 

 

La CGT a précisément souhaité mettre en lumière les différentes sources de stress subies par les employé·e·s de Bouygues Bâtiment Ile-de-France : « Il y a les plannings à respecter, des cadences soutenues, les déplacements d'un chantier à un autre et des managers qui mettent la pression ». Le syndicat s’est montré sceptique sur l’efficacité du dispositif, compte tenu des « 500 projets en cours et 2 milliards de chiffre d'affaires par an ». 


 

Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs.


 

[EN BREF] Gabriel Attal confie une mission au Rameau sur la co-construction

[EN BREF] Gabriel Attal confie une mission au Rameau sur la co-construction

Le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal a confié une mission au laboratoire de recherche le Rameau pour favoriser les alliances dans les territoires.

Lors de son intervention au Forum National des Associations & Fondations (FNAF), le Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse Gabriel Attal a annoncé qu’il venait de confier une mission au Rameau, laboratoire de recherche spécialisé sur les alliances innovantes au service du bien commun. « Avec les députés, nous allons travailler sur ‘comment faire alliance’, explique Charles-Benoît Heidsieck, le président fondateur du Rameau à Carenews. Il y a 15 jours à l’Assemblée nationale, nous rendions publique l’étude impact citoyen selon laquelle 80 % des Français attendent que les collectivités territoriales, les entreprises et les associations travaillent ensemble sur les fragilités de leurs territoires. Donc la question maintenant c’est : comment le faire concrètement ? ». Nous allons donc partir des travaux et des publications qui existent pour proposer un plan d’actions sur la manière de converger ensemble pour co-construire des réponses d’intérêt général avec les collectivités territoriales, les acteurs académiques, les entreprises, les associations, et les services de l’Etat ». Le Rameau, qui doit désormais former son comité de pilotage, espère rendre son rapport d’ici la fin de l’année. 

Vigne de Cocagne, la première structure d'insertion par la viticulture

Vigne de Cocagne, la première structure d'insertion par la viticulture

Boire du vin rouge ou du rosé en respectant la planète et de façon solidaire, c’est possible avec Vigne de Cocagne. Première structure d’insertion par la viticulture, elle s’est installée dans l’Hérault en tant que société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Plusieurs prix ont déjà récompensé sa démarche et son éthique.

 

 

 

 

La viticulture comme remède au chômage

 

C’est sur un domaine abandonné destiné à devenir un centre de traitement des déchets qu’une ancienne d’Areva a implanté une exploitation sociale et solidaire innovante. Demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, jeunes en difficulté… Réinsérer des personnes dans le monde professionnel à travers la viticulture s’est imposé à l’entrepreneuse Pauline Chatin « pour redonner confiance, espoir, envie, car c’est un métier qui a du sens », a-t-elle expliqué au MMMag

 

Le choix de l’Hérault fut également évident : le département déplore un taux de chômage élevé — 17,7 % en 2016 pour les 15-64 ans selon l’Insee —, tout en étant le leader de la production vinicole de l’Occitanie, premier bassin de production française. Pauline Chatin a pu constater d’elle-même les besoins considérables du secteur en ouvriers viticoles.

 

La rencontre avec les équipes du réseau Cocagne, qui développe des exploitations maraîchères biologiques à vocation d’insertion sociale et professionnelle, a scellé l’affaire. Pauline Chatin a commencé l’aventure de Vigne de Cocagne fin 2017 sur 7 hectares du domaine de Mirabeau, un agroécopôle conçu pour accueillir des projets agricoles éco-responsables. 

 

Un vin 100 % solidaire

 

Le but de la Vigne de Cocagne : proposer un vin bio, local et solidaire. Un parcours d’insertion et de formation à la viticulture sur deux ans est proposé à trois personnes jusque-là éloignées de l’emploi. Elles contribuent à produire le vin de façon artisanale et sans désherbants ni pesticides, dans cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) qui se veut sociale et solidaire.  

 

Trois cuvées, un rosé et deux rouges, sont d’ores et déjà proposés à la vente sur le domaine, dans des boutiques de la région montpelliéraine et à Paris ainsi que dans des magasins Biocoop. Pour diversifier ses cuvées, Vigne de Cocagne replante 5 hectares de vignes supplémentaires qui devraient être exploitables dans les prochaines années. A partir de 2020, ses vins seront par ailleurs certifiés « Agriculture Biologique », les vignes étant en conversion depuis la reprise du domaine par la jeune société.

 

Le domaine de Mirabeau est également amené à se développer : Vigne de Cocagne partagera bientôt les lieux avec un maraîcher, un éleveur et une brasserie artisanale qui créeront des espaces de socialisation — des ateliers pédagogiques, une boutique paysanne ainsi qu’une guinguette estivale. Ces nouveaux arrivants rejoindront un projet qui fait déjà figure de modèle du haut de ses deux ans d’existence. 

 

Vigne de Cocagne a ainsi fait partie des gagnants 2017 de La Fabrique Aviva récompensant les « idées entrepreneuriales à la fois utiles et innovantes », et reçu une dotation de 50 000 euros. La société a également obtenu le « Prix de l’Inspiration en ESS » 2019 de la Fondation Crédit Coopératif. Les 4 500 euros reçus aideront à financer l’expansion de la surface d’exploitation en vue de créer de nouveaux emplois.  


Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs. 

Photo © Cyril Badet

 

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

[EN IMAGES] Dépression : «Le petit passage à vide» lutte contre les idées reçues

Pour changer le regard du grand public sur la dépression, la Fondation FondaMental a lancé, en partenariat avec la Fnapsy, sa campagne « Le petit passage à vide ». Elle montre avec un humour noir qu’il s’agit d’une maladie, qui peut avoir des conséquences graves si elle n’est pas prise au sérieux.

 

#LaDépressionCestDuSérieux

Besoin d’une transplantation cardiaque ? « Un peu de sport et ça ira beaucoup mieux ! » Un cancer des poumons ? « Le mieux dans ces cas-là c’est de plus y penser, d’aller respirer le grand air. » Une dépression ? « C’est juste un passage à vide (...). Faut essayer de vous distraire. » Le spot lancé par la Fondation FondaMental, fondation dédiée aux maladies mentales, en partenariat avec la Fédération Nationale des Association d'Usagers en Psychiatrie (Fnapsy), joue sur les registres de la comédie et du drame pour changer le regard du grand public sur la dépression. On y voit des professionnels de la santé minimiser les graves maladies dont leurs patient·e·s sont atteint·e·s. Un procédé humoristique pour  souligner, à l’opposé, combien il s’agit d’une maladie sérieuse qui peut avoir des conséquences dramatiques sans prise en charge adaptée.

Cette campagne a été imaginée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale le 10 octobre par l’agence allemande Serviceplan Health & Life, et soutenue par le groupe de protection sociale Klesia et la Fondation genevoise ROGER DE SPOELBERCH, dédiée à la recherche des maladies neuro-dégénératives et de certaines maladies psychiatriques. Le spot de sensibilisation est accompagné du hashtag « #LaDépressionCestDuSérieux » pour diffuser le message de la campagne sur les réseaux sociaux.

La maladie psychiatrique la plus courante en France

Manque de volonté, trait de caractère, coup de blues... Les idées reçues sur la dépression ont la vie dure dans l’imaginaire collectif. « Très peu [de personnes] ont conscience de l’enfer vécu par le malade, de l’annihilation totale de la volonté, de la disparition de tout espoir, de la terrible culpabilité qui nous tenaille », souligne Claude Finkelstein, présidente de la Fnapsy, dans son communiqué. 

La dépression est pourtant la maladie psychiatrique la plus courante en France, avec 2,5 millions de personnes atteintes. Selon l’Inserm, 1 personne sur 5 a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Pourtant, la moitié des dépressions majeures ne sont pas traitées d’après l’Organisation mondiale de la santé, et environ 70 % des suicides sont imputables à cette maladie chaque année. 

Chemins d'avenirs, du mentorat pour les jeunes issus de la ruralité

Chemins d'avenirs, du mentorat pour les jeunes issus de la ruralité

L’association Chemins d’avenirs est la première structure en France à proposer à des collégiens, des lycéens et des étudiants issus de la ruralité de bénéficier de l’accompagnement d’un parrain issu d'un autre territoire. Et ce indépendamment de leurs résultats scolaires et de critères sociaux.

 

À l’origine de Chemins d’avenirs, il y a Salomé Berlioux. Hypokhâgne au lycée Fénelon à Paris, master Affaires publiques à Sciences Po, stage à l’Elysée, master à la Sorbonne et Normale Sup’, jusqu’à devenir conseillère et plume de Jean-Marc Ayrault… Le parcours de cette femme de 30 ans a de quoi en faire rêver plus d’un. Mais Salomé Berlioux aime à rappeler les obstacles qu'elle a rencontrés sur son chemin. Fille de comédiens et élevée par un beau-père infirmier et ostéopathe, elle grandit à Neure, dans l’Allier, un hameau d’une centaine d’habitants. Adolescente, elle ne s’imaginait pas du tout intégrer une grande école. Mais avec le temps, Salomé Berlioux a développé une conviction : au-delà des déterminismes sociaux existent des déterminismes géographiques. À classe sociale équivalente, un jeune issu des zones rurales ne bénéficiera pas des mêmes opportunités qu’un jeune urbain.

Dans le manifeste « Les Invisibles de la République », Salomé Berlioux détaille la mécanique complexe des inégalités territoriales que subissent ces millions de jeunes Français. Dans les campagnes ou les petites villes périphériques, moins dotées en infrastructures et en opportunités, il est souvent plus compliqué d’accéder à l’information permettant de s’orienter scolairement et professionnellement. Il y a aussi la question de l’autocensure : trop de jeunes issus de ces territoires ne s’autorisent pas à poursuivre des études qui leur correspondent, notamment lorsqu’elles se trouvent dans de grandes métropoles. Enfin, les jeunes des périphéries ne maîtrisent pas toujours les codes leur permettant de trouver leur voie. Par exemple, savoir qu’effectuer des stages, s’engager dans une association ou voyager constituent des atouts valorisables lors d'entretiens ou pour rechercher un emploi. 

Des filleuls sélectionnés sur leur détermination

En 2016, Salomé Berlioux a donc décidé de créer Chemins d'avenirs. L’association, en plein développement, met en relation des parrains — actifs de 25 à 65 ans désireux de faire bénéficier de leur expérience — et des collégiens, lycéens ou étudiants motivés pour être accompagnés dans leur orientation. Initialement centrée sur l’académie de Clermont-Ferrand et une centaine de filleuls, l’association formera 1000 duos de jeunes et de parrains dans 7 académies pour l’année scolaire en cours. Les actifs leur consacrent deux heures par mois à distance, pendant 18 mois. 

Les jeunes sont avant tout choisis pour leur détermination, l’objectif n’étant pas de les pousser vers de longues études à tout prix : « Chemins d'avenirs n’est pas une initiative élitiste. Nous travaillons à révéler le potentiel de nos filleuls : certains veulent reprendre la ferme de leurs parents, et d’autres devenir diplomates. Je préfère le terme d’aspiration à celui d’ambition », nous explique Salomé Berlioux, convaincue que cette jeunesse recèle d’immenses potentialités qui n’attendent que d’être révélées. 

France Bleu relate ainsi le parcours d’Angèle, 19 ans, originaire de Bourbon-l'Archambault dans l'Allier, qui a été accompagnée par Laurence, une marraine de l’association. « On a pu travailler sur ce que j'aimais vraiment, sur ce que je voulais faire, et surtout recentrer mes choix », raconte l’étudiante. Grâce aux conseils de Laurence, Angèle a intégré une classe préparatoire à l'Estaca, une prestigieuse école d'ingénieurs spécialisée en transports et en aéronautique. De son côté, Laurence s’est aussi épanouie en tant que mentor : « Grâce à Angèle, je me sens utile », confie-t-elle. Et puis on ressent en ce moment beaucoup la fracture sociale, avec le mouvement des gilets jaunes. Cette fracture sociale est terrible. Avec des actions comme celle de l’association, on peut essayer de remettre de la cohésion sociale dans le pays. » 

Vers une réponse politique

Ce projet, qui repose essentiellement sur l’engagement bénévole de ses parrains et de ses marraines est-il amené à essaimer partout en France ? Pour l’instant, grâce au bouche-à-oreille entre bénévoles et à la médiatisation de l’association, 700 candidatures spontannées de parrains ont été reçues l’année dernière. « Notre projet répond à un véritable enjeu de reconstruction du lien social et de reconnexion des territoires, qui dépasse la seule question de l’égalité des chances », explique Salomé Berlioux. En complément du mentorat, l’association a développé des programmes : coaching sur la confiance en soi, entraînement à la prise de parole en public, aides à la mobilité, soutien spécifique aux filles, accès à des offres de stages, sorties culturelles, etc. 

D’ici à 2024, l’association espère être présente dans tous les territoires ruraux, pouvoir compter sur un modèle économique solide et, surtout, susciter une réponse politique au plus haut niveau. Et c’est en bonne voie : le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer a missionné Salomé Berlioux pour réfléchir sur « l’orientation et l’égalité des chances dans les zones rurales et les petites villes » et rendre ses conclusions début 2020. Pour elle, il est temps que l’État se saisisse de la question, en partenariat avec les associations, les entreprises et tous les acteurs concernés. Elle l’assure, déterminée : « Je ne serai satisfaite que quand il y aura un dispositif à la hauteur de l’enjeu »

 

Cet article a été réalisé dans le cadre de la « France des solutions », en partenariat avec l’association Reporters d’Espoirs. 

[SOCIAL TECH] Combigo, des alternatives de transport au 100% aérien 

[SOCIAL TECH] Combigo, des alternatives de transport au 100% aérien 

Chaque semaine, Carenews vous présente une initiative technologique actrice de changement. Aujourd’hui, découvrez Combigo, une plateforme de comparaison et de combinaison intelligente des différents moyens de transports. L’objectif : faciliter les voyages, notamment pour les villes sans aéroports, et proposer des tarifs avantageux et des solutions plus écologiques que le 100 % aérien.

 

 

  

 

Une combinaison neutre des moyens de transport disponibles

 

Réserver un Rouen-Venise sans passer des heures de recherches sur internet et payer une fortune tout en limitant l’empreinte carbone de ses vacances, c’est possible grâce à la jeune plateforme Combigo.

 

Née des esprits de trois anciens étudiants toulousains, Nicolas Galiana, Romain Nauthonnier et Vincent El-Khatib, le site a été lancé en 2018. Il repose sur un algorithme comparant les billets d’avion, de train, de bus, de covoiturage et de ferry afin de trouver le voyage le moins cher ou le plus rapide. Le site combine les cinq modes de transport en tenant compte des temps de correspondances nécessaires. 

 

Avec Combigo, les voyageuses et voyageurs peuvent limiter l’impact environnemental de leur déplacement : ils ont la possibilité de cocher ou décocher l’avion, et d’éviter des vols avec escale pour limiter les transports aériens.

 

Romain Nauthonnier co-fondateur et directeur général de la start-up, a ainsi expliqué à Nord Éclair« Pour des destinations comme Prague, vers lesquelles il n’y a pas de vol direct depuis Lille et qui comporte souvent une escale à Paris, il est alors plus intéressant d’emprunter un train depuis Lille pour ensuite décoller de Bruxelles. Cela permet d’économiser jusqu’à 80 % sur le prix du billet tout en réduisant les émissions de CO₂. » 

 

Le site vise également à faciliter la tâche aux habitant·e·s des territoires les moins desservis, sans aéroport, qui peuvent organiser leur voyage directement à partir de leur ville. 

 

Vers un maillage géographique étendu et un billet unique

 

Le modèle économique repose sur les commissions perçues par Combigo après qu’un·e utilisateur·trice a réservé son billet en passant par la plateforme. Sans que cela influe sur les prix des billets, a assuré Romain Nauthonnier à Actu.

 

Et c’est en bonne voie :  la plateforme compte aujourd’hui plus de 15 000 utilisateurs mensuels, et travaille à augmenter son maillage géographique afin d’intégrer les trajets en TER.

 

La start-up, implantée à Paris, compte recruter plusieurs collaborateurs·trices en 2020 pour la prochaine étape clé de Combigo : un billet unique réservable directement sur le site. De quoi faire économiser du temps aux client·e·s, et les protéger en cas de retard et de correspondance loupée. 


 

 

[POSITIVONS] Carenews.com s'engage dans La France des Solutions

[POSITIVONS] Carenews.com s'engage dans La France des Solutions

La rédaction de Carenews participe à l’initiative « La France des Solutions » du 14 au 20 octobre. Elle fait partie des 50 médias partenaires mobilisés auprès de l’association Reporters d’Espoirs, pour donner à voir le visage d’une France innovante et solidaire. Cette semaine, découvrez nos quatre initiatives coup de cœur.

Chemins d’avenirs, les Bienveilleurs, UpCycle et Vigne de Cocagne. Les membres de l’équipe de Carenews ont voulu mettre en avant ces projets qui font bouger la France. Ainsi, Chemins d’avenirs a plu à Hélène car l’association accompagne des jeunes issus de la France périphérique pour les guider vers la réussite, grâce à un système de parrainages. Une initiative utile pour connecter les territoires ruraux et urbains, et venir réparer la fracture centres-périphéries notamment mise en lumière par le mouvement des gilets jaunes. 

Les Bienveilleurs, un réseau de salariés à l’écoute de leurs collègues mis en place par Bouygues a quant à lui été plébiscité par Mélissa, soucieuse des problématiques de stress au travail. Guillaume et Flavie ont voulu reparler de UpCycle, une entreprise sociale connue pour transformer le marc de café en délicieuses pleurotes et à qui Flavie avait consacré un podcast avant l’été. Enfin, Delphine a choisi Vigne de Cocagne, une coopérative d’insertion agro-écologique dans le domaine de la viticulture, car en cette période de foire aux vins, il lui semblait essentiel de mettre en avant des producteurs qui prennent soin de l’environnement tout en revalorisant des métiers agricoles, souvent mal considérés.

Construire des récits authentiques

Carenews rejoint ainsi l’ambition de Reporters d’Espoirs. L’association estime en effet que pour relever les défis économiques et sociaux « notre pays a besoin de se projeter ». « En donnant à voir des initiatives constructives. En construisant des récits authentiques et ‘hors du commun’ qui mobilisent, enthousiasment, invitent à agir. En faisant émerger des idées vectrices d’un nouveau ‘rêve français’ ». 

Depuis cinq ans, Carenews œuvre à médiatiser, informer et animer le secteur de l’engagement. En tant que média des acteurs de l‘engagement, la participation à la semaine des solutions est une évidence. Chez Carenews, nous croyons profondément que l’économie sociale et solidaire est la norme de demain. En écrivant sur tous ses acteurs, en proposant à nos lecteurs des informations quotidiennes de qualité et donnant la parole à tous — car Carenews est un média collaboratif — nous essayons modestement d’apporter notre pierre à un changement de société.

Reporters d’Espoirs organise une grande soirée de mobilisation le 16 octobre au Conseil économique, social et environnemental à Paris avec 500 influenceurs, décideurs et acteurs de demain. La Careteam y sera. Et vous ?

[ON Y ÉTAIT] : La matinale de l'IDAF sur les contrats à impact social (CIS)

[ON Y ÉTAIT] : La matinale de l'IDAF sur les contrats à impact social (CIS)

Frédéric Lavenir, inspecteur général des finances et président de l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) était l’invité de l’Institut des dirigeants d’associations et fondations (IDAF) le 7 octobre, pour restituer son rapport sur les contrats à impact social (CIS). Ce dernier a vocation à être un « vade mecum pratique pour donner de manière très concrète le chemin à suivre pour la mise en place d’un CIS », comme l’indique les premières pages du document.

« C’est un sujet qui suscite méfiance, réticence et intérêt ». C’est le constat que dresse Frédéric Lavenir, qui a été missionné par Christophe Itier, le haut-commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, pour « proposer les voies et moyens d’un développement accéléré des contrats à impact social en France ». Version française des social impact bonds, les CIS sont des contrats liant généralement une collectivité publique, un opérateur associatif ainsi qu’un investisseur privé, permettant à la la puissance publique de ne rembourser l’investisseur qu’en cas de réussite du projet, avec une prime fixée à l’avance en fonction des résultats obtenus. Mais ces dispositifs sont encore peu utilisés : seuls trois contrats, portés par l’Adie, Impact Académie et les Apprentis d’Auteuil ont réellement démarré depuis 2016 et trois ont été initiés en 2009 avec Wimoov, Article 1 et la Cravate Solidaire. 

Un outil parmi d’autres ?

Devant les dirigeant associatifs de l’IDAF, Frédéric Lavenir a tenu d’emblée à préciser que les CIS ne sont pas adaptés à toutes les situations. Le projet doit pouvoir en effet produire des résultats à court ou moyen terme (3 à 6 ans), car les investisseurs n’investissent pas sur ce type de risque à dix ans. Les résultats doivent être quantifiables et mesurables et, compte tenu de la complexité du dispositif (réflexion sur les indicateurs, mise en place d’un reporting, temps de rédaction avec les investisseurs, etc.) – seuls les projets d’au moins un million d’euros sont concernés. Il faut aussi qu'ils soient pilotés par des structures suffisamment matures : « Toutes les actions utiles ne répondent pas à cette définition. Donc comme tout outil, il a des conditions d’utilité ». Frédéric Lavenir a tenu à mettre chacun en garde contre les effets de mode. Son groupe de travail s’est ainsi employé à construire un outil permettant à une association ou une collectivité de déterminer si le CIS serait oui ou non adapté à ses besoins. 

Des questions techniques et culturelles

Les dirigeants associatifs présents à cette matinale avaient des interrogations très diverses. La question du rendement du capital pour les investisseurs a ainsi été posée. Ce à quoi Frédéric Lavenir a répondu que, à l’inverse des britanniques, les « contrats à la française » présentaient un couple risque/ rendement assez bas, et donc qu’ils intéressaient assez peu les investisseurs. Tous ceux ayant jusqu’à présent participé à des CIS avaient donc des motivations relevant de la RSE. D’autres ont questionné le président de l’Adie sur la pérennité de ces projets, ce qui lui a permis de rappeler que les CIS ayant une durée limitée, ils n’avaient pas vocation à « financer organiquement une structure, mais bien un projet, en considérant l’hypothèse que ce soit un échec ». 

Cette matinale d’échanges a été l’occasion de réfléchir plus généralement à l’innovation sociale en France. Alors que l’Adie a émis en 2017 un CIS nommé « Regain » pour rendre accessible son financement et son accompagnement aux résidents de zones rurales isolées (financé par BNP Paribas, la Caisse des Dépôts, AG2R La Mondiale, Mobiliz Invest et la Fondation Avril pour un budget de 1,2 million d’euros auxquels s’ajoutent 100 000 euros d’ingénierie), son président a estimé que le retour d’expérience était très satisfaisant et que les complexités du CIS étaient certes techniques mais « surtout culturelles ». Ainsi a-t-il conclu : « étant par nature convaincu que l’on innove que quand on y est forcé, le CIS a immense vertu, c’est qu’il induit un système de contrainte qui oblige à se bouger, et cela fait du bien

[DERNIÈRE MINUTE 41] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

[DERNIÈRE MINUTE 41] Les brèves mécénat, associations et intérêt général

Toutes les infos en bref autour de l’intérêt général ! Cette semaine, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme recueille des financements records, la SKEMA Business School organise un défi sportif pour aider ses étudiants boursiers et le rappeur belge Damso se lance dans la philanthropie.

Fondations

> 14,02 milliards de dollars (12,7 milliards d'euros). C’est le montant que les donateurs se sont engagés à verser au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à l’issue de la 6e conférence de reconstitution du Fonds qui s’est tenue les 9 et 10 octobre à Lyon. L’appel à « accélérer le mouvement », en augmentant d’au moins 15 % les contributions, a porté ses fruits, indique Le Monde. Le Fonds mondial est une fondation à but non lucratif qui a été créée en 2002 et qui est alimentée à 93 % par les pays donateurs.

> La Fondation Mérieux a affrété le 8 octobre des laboratoires prêts à l’emploi à destination de la République Démocratique du Congo. Le matériel convoyé doit permettre de renforcer le diagnostic du virus Ebola de façon fiable et rapide à Goma, la troisième ville du pays. Une opération estimée à 2 millions d’euros, selon le Progrès. D’après le quotidien régional, cette opération a été montée en réponse à l’appel lancé en juillet à Alain Mérieux, par le professeur Muyembe, chargé de coordonner la réponse à apporter à l’épidémie en RDC.

> Une mobilité plus sûre, plus durable et solidaire, telle est l’ambition que vient de dévoiler la fondation Norauto, auparavant dédiée aux problématiques sociales. Créé en 2005, la fondation se concentrera dorénavant sur deux axes : le premier entend rendre la mobilité plus solidaire, par exemple grâce à des projets d’insertion par la mécanique, qui accompagnent des jeunes décrocheurs et les enfants défavorisés vers un métier vecteur d’insertion sociale. Le deuxième vise à rendre la mobilité plus respectueuse, notamment en soutenant des projets qui permettent de réduire les impacts négatifs de la mobilité sur l’Homme et l’environnement.

> Le rappeur belge Damso lance sa fondation. Nommée « Vie sur Nous », elle interviendra en République Démocratique du Congo, pays dont il est originaire. Si l’objet et la dotation de la fondation n’ont pas encore été communiqués, celui qu’on surnomme Dems a partagé son indignation sur les réseaux sociaux quant à la question des minerais de conflit : « le vrai problème, c'est le vol des ressources naturelles ». L’engagement de Damso en RDC n’est pas nouveau, celui-ci ayant pris l'initiative en 2018 de construire un orphelinat à Kinshasa, rappelle Mouv’.

Mécénat

> Vivendi Create Joy organise aujourd’hui une « journée de l’engagement » au cours de laquelle les salariés sont invités à partager leur expertise et leurs compétences avec six des associations soutenues par le programme de solidarité du groupe, principalement en lien avec les jeunes en difficulté. Les différents ateliers sont encadrés par ProBonoLab, un spécialiste de l’engagement par le partage des compétences. Vivendi lance également une plateforme de mise en relation d’associations avec ses collaborateurs. L'entreprise offre désormais à tous ses salariés français une journée d’engagement par an.

Mobilisation

> #SKEMAunited, c’est le nom du challenge sportif solidaire initié par SKEMA Business School. Pendant un mois, du 30 septembre au 30 octobre 2019, les étudiants, les collaborateurs de SKEMA Sophia Antipolis, les diplômés et les entreprises partenaires de l'école sont invités à faire du sport pour récolter des fonds. Le principe : chaque kilomètre parcouru génère 1 euro de dons qui alimentera le fonds de dotation destiné à financer des bourses sociales pour les étudiants. Marche, course ou bien vélo, les performances sont enregistrées sur l'application mobile SKEMAunited. L’opération est parrainée par des grands sportifs tels que le nageur Alain Bernard, la triathlète Alexandra Louison, et la spécialiste du triple saut Rouguy Diallo.

Tech for good

> C’est une première pour une organisation des Nations Unies. Unicef sera désormais en mesure de recevoir, de détenir et d’investir des dons en crypto-monnaies (Ethereum et Bitcoin) par l’intermédiaire du UNICEF Crypto Fund, son nouveau fonds en crypto-monnaies. Les premières contributions au Fonds en crypto-monnaies d'UNICEF proviendront de la Fondation Ethereum. L’agence souhaite ainsi financer des technologies open-source bénéficiant aux enfants et aux jeunes du monde entier. 

Prix

> La Fondation Crédit Coopératif a dévoilé les 5 lauréats de ses Prix de l’inspiration en ESS, qui soutiennent une soixantaine d’initiatives exemplaires et innovantes partout en France. L’objectif est d’ « encourager l’essor d’actions utiles dans les territoires et leur donner plus de visibilité pour favoriser leur développement », explique la fondation. Ont été récompensés :

- Le groupement BÉTA énergie : solution de chauffage au bois clé en main en Auvergne.

- Commown : coopérative strasbourgeoise de location longue durée des smartphones et des PC.

- Emmaüs Lespinassière : structure agro-écologique innovante qui accueille des personnes détenues dans le cadre de leur aménagement de peine.

- SICLE : coopérative de jardiniers et paysagistes à vélo.

- Le Rat Perché : café culturel et citoyen qui accompagne les porteurs de projets.

Les lauréats seront mis à l’honneur de la Rencontre Nationale du Crédit Coopératif le 5 décembre.

L'information en direct des associations et des mécènes